Rencontre avec Guillaume Corfdir, Directeur Général de LogiOuest

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Publié le

29/04/2020
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Nos métiers sont ceux d’un bailleur social classique. Notre atout, c’est la réactivité. LogiOuest est une petite société dans un grand groupe, Polylogis. C’est une échelle où on a tous les pouvoirs d’un grand groupe, et un volume où on peut se décider très vite et être réactifs.
Guillaume CORFDIR, LogiOuest

Bonjour Guillaume Corfdir, comment allez-vous ?

Cela va pas mal. Je suis assez content, parce que, dans ce contexte exceptionnel, globalement, nous parvenons à rendre à nos clients les services essentiels liés au logement. On a reporté des choses, mais on tient la barre.

Les clients sont très compréhensifs, on a moins de réclamations. La mise en télétravail, cela a été à Polylogis, 400 personnes en 3 jours sur 1300 collaborateurs, alors qu’on ne l’avait jamais fait avant. Pour LogiOuest, c’est 42 personnes, soit la moitié des salariés.

La bonne surprise, c’est que ça marche, je vois une effervescence, des choses qui n’auraient peut-être jamais été faites dans un autre contexte.

Sinon il y a un certain stress, Cette période est aussi un moment où on est submergé d’informations. Et puis il y a ces changements au le jour le jour, et le jeu d’acteurs, avec des partenaires qui cherchent à se rassurer en nous demandant des assurances que nous ne pouvons leur donner pour l’instant faute de tout maîtriser dans le contexte actuel.

On est en train de travailler sur le déconfinement. Il y a zéro chômage chez Logi-ouest, donc pour nous, ce n’est pas un plan de reprise, ce sera un plan de déconfinement.

Pouvez-vous vous présenter, vos 3 points forts ? Comment avez-vous intégré votre structure ?

À la base, je suis ingénieur, Polytechnicien et Ponts et Chaussées. J’ai eu un parcours dans l’administration au départ, puis un parcours en Maîtrise d’ouvrage dans la région parisienne. J’ai été responsable du renouvellement urbain et patrimonial d’un OPHLM, avec un volant de 100 millions de travaux annuels, par exemple.

Mes deux points forts sont le savoir scientifique et la formation aux politiques publiques. Les politiques publiques m’ont toujours passionnées au même titre que le savoir scientifique très précis. Je suis également ingénieur en génie civil. Cela donne une capacité à apprendre et entrer dans des disciplines différentes.

J’ai rejoint LogiOuest en 2016 comme DGA. Je suis DG de LogiOuest depuis 2017.

Pouvez-vous présenter LogiOuest, filiale de PolyLogis ?

Polylogis est un groupe national, héritier d’Eugène Claudius-Petit, qui était angevin, ami de Le Corbusier, et qui a été ministre de la reconstruction et de l’urbanisme de 1948 à 1953 – une période charnière pour le Pays. C’est aussi le fondateur de la SONACOTRAL, aujourd’hui ADOMA (filiale de la Caisse des Dépôts). La SONACOTRAL, qui gérait des travailleurs isolés, s’est rendue compte qu’il fallait avoir dans sa gamme de produits des logements « familles » pour assurer ce qu’on appellerait aujourd’hui le parcours résidentiel. Elle a créé des filiales de logements « familles » dont le nom débutait par Logi et était précisé par une aire géographique, comme LogiRep en Région Parisienne ou LogiOuest. Logirep est par la suite devenue indépendante et a agrégé autour d’elles une part de l’héritage des structures logis, en créant Polylogis. LogiOuest fait partie de ce groupe qui porte 80 000 logements, avec 1300 collaborateurs.

LogiOuest a fêté ses 60 ans en 2018. Elle porte 5 000 logements, avec 85 collaborateurs.

Nos métiers sont ceux d’un bailleur social classique. Notre atout, c’est la réactivité. C’est une petite société dans un grand groupe. C’est une échelle oú on a toute la puissance d’un grand groupe, notamment avec les fonctions supports et des compétences pointues, et une agilité de prises de décision sur un périmètre de 5 000 logements, oú on peut se décider très vite et être réactifs.

On est très manœuvrant !

Quel est votre rôle, votre contribution au sein de votre structure ?

C’est de s’assurer que tout marche. Je passe plus de temps sur les fonctions d’entreprise, d’organisation, de support, de maîtrise d’ouvrage, de développement. Je m’appuie beaucoup pour la partie gestion immobilière, qui est le cœur du métier, sur des équipes en place de longue date et qui maîtrisent parfaitement leur sujet.

Quelles sont les cibles de votre structure ?

La clientèle est duale, d’une part les clients qui ont un bail locatif et d’autre part, les élus que je considère aussi comme clients.

Pour mes clients locatifs, l’objectif est de les satisfaire. On fait une enquête satisfaction annuelle, et on travaille en permanence à s’améliorer. On a lancé la digitalisation, avec un extranet assez puissant, le traitement des réclamations numérisé pour améliorer la traçabilité, etc. On augmente également en ce moment les budgets d’entretien courant.

Pour nos clients élus, on cherche à se développer. On a l’objectif de construire 130 logements par an, essentiellement sur le 49 et 44. La stratégie, c’est l’écoute. Les élus ont expérimenté beaucoup de choses, à nous de dupliquer ce qui marche bien de leur point de vue, ou de répondre au besoin qu’ils nous expriment.

Le dialogue est important pour nous, on a par exemple lancé des démarches d’atelier d’urbanisme. Le secret d’un projet, c’est la vitesse. Souvent, on va voir l’élu avec son permis de construire « ficelé ». La démarche d’atelier d’urbanisme consiste à faire exactement l’inverse en travaillant en amont le projet ensemble.

Je pense au cas de Trignac, on a fait parler les élus sur ce qui leur plaisait dans leur ville. Voir ce genre de choses permet de sortir des approches théoriques. Tout est devenu graphique, visuel, concret. On se fait accompagner pour cela par des maitres d’œuvre qui ont une capacité de programmiste également et un partagent les valeurs de la démarche. Pour revenir à Trignac, on a tenu le crayon ensemble avec les élus, à un moment où on pouvait tout modifier facilement dans le projet. Les élus ont ensuite été impliqués dans un jury de conception-réalisation qui a voté unanimement pour le choix du projet lauréat.

Au final, on a été plus vite et le projet n’était plus le projet de LogiOuest mais notre projet commun.

Quelle est votre place sur votre marché ?

PolyLogis est un des 10 plus importants acteurs nationaux. Pour autant, LogiOuest est une plus petite société par rapport aux acteurs du Maine-et-Loire et de la Loire-Atlantique. Nous sommes implantés sur de nombreuses communes (une cinquantaine) sans avoir de position dominante nulle part. Notre défi est de travailler notre notoriété pour être identifié par les acteurs locaux, leur faire connaître nos réalisations et nos valeurs.

Quelle place accordez-vous à l’innovation et à la R&D ?

l y a deux échelles. A l’échelle du groupe PolyLogis, il y a un projet d’entreprise appelé VISION 2022 qui comporte 3 axes, dont le 2e est « développer de nouveaux produits et services ». J’en suis le garant à l’intérieur du groupe, comme membre du Comité Exécutif de Polylogis.

Quelques-uns de nos projets : développer un nouveau référentiel qualité, travailler sur les produits digitaux, avec des sites web modernisés, une nouvelle version d’extranet locataire pour développer des services et continuer à progresser en réactivité, distribuer des produits en lien avec le logement (exemple : nous distribuons depuis des années à nos locataires une forme d’abonnement pour les petits travaux d’entretien intérieur du logement, pour moins de 10 euros par mois, avec plus de 80% de locataires qui souscrivent à ce service et en sont pleinement satisfaits).

Nos clients nous font confiance, quand on leur propose quelque chose qui n’est pas un gadget, avec des engagements souples, cela marche bien. Le bailleur, c’est quelqu’un en qui on a confiance.

Nous travaillons également sur les questions d’hébergement d’urgence. Nous avons créé une société d’aménagement. Nous travaillons aussi à développer une offre de service syndic-gestion.

Et, pour moi, les ateliers d’urbanisme c’est aussi de l’innovation, dans la méthode.

LogiOuest intègre-t-elle une démarche d’atténuation, d’adaptation, de transformation, face aux dérèglements climatiques ?

On essaie de s’engager en préfigurateur des futures réglementations. Nous nous sommes engagé dans l’appel à projet E+C- Etat / CDC, avec notre opération emblématique des Balconnières à Nantes (en illustration de cet article-photo AD HOC architecture). C’est un projet très important, pour lequel nous visons l’excellence : E3C2.

Nous avons aussi travaillé sur des bâtiments en ossature bois en cours de construction.

Globalement, on voit que ce sont des sujets d’avenir, il y a clairement une commande politique. Il y a des ZAC E+C-, comme à Beaucouzé. On y va clairement.

Romain MARTEN, qui travaille chez Novabuild, a été notre interlocuteur sur ces sujets lorsqu’il officiait au sein du cabinet AD HOC qui nous accompagne sur les Balconnières.

Il y aussi Pirmil les Isles, nous avons participé à deux ateliers.

Vous vous souvenez, il y avait une lettre de motivation à rédiger. Dans notre réponse, il y avait 2 axes. Nous ne sommes pas des savants de la construction, le premier métier d’un Bailleur c’est d’être gestionnaire, pas constructeur. Mais ce sont des savoir-faire qui se complètent. Il y a une mode de l’image sur papier glacé, mais cette image, quand on la vérifie sur le terrain plusieurs années après, on est très déçu.

Le monde du bâtiment manque cruellement de capacité à faire du retour sur expérience, on revient rarement sur « le lieu du crime ». Dans l’industrie, on fait des retours sur expérience sur tout, je ne vois pas ça dans les professions de l’immobilier. On discute toujours de l’acte de construire, mais jamais de ce qu’il y a après. Et quand il y a un problème, c’est toujours ingérable, on part en justice, mais la justice ne règle jamais le problème. Les erreurs de conception ou de réalisation sont dramatiques et fréquentes.

C’est toujours la course à l’image.

Mais si on y regarde de plus près, on constate des exigences techniques, renforcées et intelligentes. La base de réflexion E+C- est parfaite, il nous faut raisonner désormais en ACV et c’est tant mieux.

Ce que j’aimerais, et c’est ce que j’attends de la profession, de Novabuild par exemple, c’est de nous aider à répondre à certaines questions : comment va-t-on mettre en œuvre les bonnes innovations ? Comment on assemble les bonnes briques, fiables, testées, qui marchent ? L’enjeu n'est pas financier au sens du prix de revient de l’opération, c'est que la performance, l’image, le confort, la qualité durent dans le temps.

C'est ce regard qu'on voudrait apporter dans des ateliers comme ceux de Pirmil, sur les logements, ainsi qu’une vision pratico-pratique sur la conception des espaces intérieurs comme extérieurs. Là-dessus, les gestionnaires peuvent apporter beaucoup de choses, par exemple penser aux prises d’eau dans les jardins, des espaces extérieurs qu’on peut entretenir alors que nous n’avons plus recours aux produits phytosanitaires, des choses pragmatiques, mais utiles – on pourrait multiplier à l’envie les exemples. Nos gestionnaires ont ce savoir et sont, en interne, systématiquement associés à la conception des programmes.

Vous êtes désormais membre de Novabuild, quels bénéfices en retirez-vous ?

Je viens d’adhérer, je n’ai donc pas beaucoup de recul. Mais j'avais noté deux choses.

La première, ce serait la mise en relation. LogiOuest a besoin de travailler sur sa notoriété, attend une mise en relation avec des personnes qui partagerait ses valeurs (viser l’excellence dans la durée) et qui pourraient les mettre en œuvre sur des projets communs.

La deuxième, c'est la culture du retour d’expérience. En physique, on teste : qu'est ce qui marche ? comment cela s’enchaine ? comment on fait ?

Pouvez-vous évoquer pour nous votre plus bel accomplissement professionnel ?

Il y a un moment que j’ai beaucoup aimé sur le projet de Trignac que nous avons évoqué. Les tours, en cours de démolition, donnaient un magnifique point de vue sur les paysages de Brière. J’ai un souvenir d’être entré dans ces tours désaffectées, avec les pompiers, les élus, pour prendre des photos du paysage environnant à partir de ce point haut voué à disparaître. C’était une initiative mémorielle de M. le Maire de Trignac en lien avec le club photo de la commune. Pour cela, on est entré aussi dans des logements qui conservaient encore des objets intimes mais délaissés, un moment étonnant, hors du temps. Quand on démolit un objet, en général, c’est qu’on n’en veut plus. Là, ce n’était pas cette démarche, on voulait rendre hommage à tout ce que cette tour avait pu apporter au territoire. C’était très attendrissant.

Une belle rencontre avec Novabuild …

J’ai fait une belle rencontre qui m'a amenée à Novabuild, c'est avec Romain MARTEN, qui est désormais votre Conseiller carbone résilience.

Propos recueillis le 24 avril 2020 par Pierre-Yves Legrand, directeur de Novabuild

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