« Faire du Réemploi une pratique commune dans la construction » par Jihen JALLOULI | L’interview du mois, NOVABUILD

Publié le

25/08/2021

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Bonjour Jihen JALLOULI, vous êtes référente développement durable de l'agence CRR Écritures Architecturales, et Vice-Présidente de NOVABUILD. Vous nous avez proposé d'aborder le sujet du réemploi pour l'interview du mois de NOVABUILD. Pourquoi avez-vous choisi le thème du réemploi ?

Je suis adhérente à NOVABUILD et membre du Bureau parce que j’ai envie d’agir. Je suis actrice du bâtiment, consciente de mes actes et impacts ; je veux faire quelque chose pour améliorer la vie des générations futures, et j’ai envie que les acteurs du BTP soient alertés sur les sujets émergents pour trouver des solutions ensemble.

Le réemploi est une solution pour réduire nos déchets, pour diminuer l’extraction des ressources non renouvelables, et pour réduire nos impacts et nos émissions de GES. En définitive, le réemploi nous approche de la sobriété nécessaire pour réussir le défi climatique.

Pour préparer cet entretien, vous avez fait quelques recherches et interrogé quelques spécialistes ?

Effectivement, plusieurs personnalités ont accepté de consacrer du temps pour me faire part de leurs retours d'expérience et de leurs éclairages, je les en remercie bien sincèrement.

J'ai eu la chance d'échanger longuement avec Anaïg LEBEAU, Directrice de projets à la Direction du Patrimoine Immobilier de la Région des Pays de la Loire ; Cécile MARZORATI, Chargée de projets et études Réemploi - Economie circulaire - Urbanisme de Transition à BELLASTOCK ; Morgan MOINET, Architecte D.E, Directeur et associé de REMIX Réemploi et Matériaux (Agence d’architecture Encore Heureux), Aniss TLEMSAMANI, Architecte (@architect) et pilote du Groupe de travail Réemploi , Réutilisation, Recyclage de NOVABUILD ; et Anne-Laure PATY, correspondante Régionale Ouest chez CycleUp.

Le sujet passionne et les discussions ont été particulièrement instructives.

Sur cette question, il semble qu'on utilise indifféremment les termes de réemploi, de réutilisation, de recyclage. Vous pouvez nous aider à nous y retrouver ?

Personnellement, je défends le réemploi des matériaux qui doit être la première chose à faire, la première priorité. Si on prend un exemple, une porte qu'on dépose : si on l’utilise à nouveau en tant que porte, c’est du « réemploi » car elle garde sa fonction ; si on la transforme en table, c’est de la « réutilisation », car elle change d’usage. Enfin, le « recyclage », lui, ne doit intervenir qu'en dernier lieu (la porte transformée en granulés de bois, par exemple), car le procédé peut être coûteux en énergie.

Sur un bâtiment, il faut toujours penser dans cet ordre : « conserver, réemployer, recycler ». L’effet rebond du réemploi est effectivement de penser qu’on peut tout réemployer et donc tout déconstruire.

Il ne faut pas oublier que le but premier du processus de réemploi est d'atteindre une plus grande sobriété dans nos ouvrages. Pour atteindre la sobriété, il nous faut sauvegarder le maximum de choses. Vous vous souvenez, il y a quelques mois, j'avais eu l'occasion d'animer un échange pour NOVABUILD avec Philippe BIHOUIX, directeur général adjoint de l’AREP, et auteur notamment de "L'Âge des low-tech". Pour Philippe BIHOUIX, dans chaque projet, il faut penser « éviter, éviter, éviter » plutôt que « éviter, réduire, compenser ».

Chacun des châssis de fenêtre de la façade du Siège du Conseil de L'U.E est issu du réemploi. © Philippe SAMYN and PARTNERS architects & engineers, LEAD and DESIGN PARTNERS

On peut faire un petit historique du réemploi ?

C’est un usage millénaire. Toutes les civilisations ont réemployé ce qui venait des générations précédentes dans de nouveaux ouvrages. Nous avons, dans notre histoire, connu essentiellement une culture de l'économie de ressource par la récupération et le réemploi.

En revanche la forme actuelle s’est modernisée, en réponse à la société de consommation qui depuis un petit siècle, est plus axée sur le neuf que sur l'économie de la ressource.

Le retour du réemploi des matériaux dans les projets ERP est assez récent, je le date en Europe continentale au début des années 2000 avec le collectif bruxellois ROTOR, puis BELLASTOCK en région parisienne. Il y a un travail européen actuellement (FCRBE) pour massifier le réemploi, se nourrir des travaux des uns et des autres, répertorier et structurer les acteurs. La faible structuration des acteurs est un élément limitant ; un réseau fort et structuré du réemploi permettrait de déclencher beaucoup plus de projets et de massifier son usage.

Peut-on dire aujourd'hui, que la législation favorise le réemploi, ou qu'elle le complique ?

L’un des enjeux de la RE2020, applicable au début de l'année prochaine, est de changer la manière de construire par une incitation au réemploi des matériaux notamment. En effet, l'un de ses objectifs est de diminuer l’impact carbone de la construction, en prenant en compte l’ensemble des émissions du bâtiment sur son cycle de vie. C'est ainsi que les composants réemployés dans un bâtiment neuf seront considérés comme n’ayant aucun impact (ou seulement leur déplacement sur le chantier), ce qui leur accorde un "bonus" important dans l'atteinte des objectifs carbone.

La Loi TECV a enclenché le processus de valorisation de l'existant et de lutte contre le gaspillage. La Loi AGEC de 2020 sur l’économie circulaire est, de son côté, venue apporter 3 mesures fortes qui vont dans le sens de la réduction des déchets et du réemploi :

  1. La transformation du Diagnostic Déchets pour toute démolition de plus de 1000 m2 en Diagnostic PEMD (Produits, équipements, matériaux et déchets) avec une mise en valeur des matériaux en tant que gisements et ressources pour le réemploi et la réutilisation
  2. La REP (responsabilité élargie des producteurs) élargie aux matériaux de construction va obliger d’une part, les chantiers à trier à minima 8 flux sur les chantiers et d’autre part, les fabricants de matériaux à préfinancer leurs futurs déchets, et donc à les réduire
  3. Tous les services de l’Etat, quant à eux, vont devoir acheter une proportion non négligeable de produits réemployés, réutilisés ou recyclés.
 

On peut donc dire que la réglementation a enclenché le processus vertueux de l’économie circulaire et du réemploi. Cela va obliger les filières à se structurer.

A contrario, la réglementation du bâtiment n’est pas encore facilitatrice : en l’absence de fiche technique, quand on veut mettre en place un matériau de réemploi sur un chantier, le bureau de contrôle peut demander des tests supplémentaires, et une discussion avec les assurances est à engager.

Je souhaite pour ma part, avec tous les acteurs du réemploi, l’assouplissement des règles pour les matériaux de réemploi, ils ne sont pas comparables à des produits neuf. Il y a des guides pratiques qui sont en cours de réalisation par la profession (ceux la fondation Bâtiment Energie, par exemple), de façon à rassurer les assurances et les maîtres d'ouvrages.

On parle beaucoup dans la documentation sur le réemploi, des freins assurantiels et des surprîmes, c'est aussi pour vous un élément essentiel ?

Dans le cas de la réhabilitation de la Grande Halle à Colombelles par exemple, le maître d'ouvrage a demandé à son assurance de prendre en charge la garantie des matériaux de réemploi ; en contrepartie et sans surprime, l’assurance a demandé que les matériaux soient validés par un bureau de contrôle.

Le réemploi est un sujet innovant et cela peut différer d’un projet à un autre, mais généralement les assurances n’appliquent pas de surprime quand le bureau de contrôle valide le produit de réemploi. Associer le bureau de contrôle en amont est donc quelque chose d'essentiel.

Il y a aussi des matériauthèques qui assurent leurs produits comme les fabricants (la plateforme CycleUp assure ses produits pendant 1 an).

Par ailleurs, un groupe de travail entre la FFA (Fédération Française de l’Assurance) et l’AQC (Agence Qualité de la Construction) travaille justement sur cette question.

Vous avez repéré d'autres freins au recours au réemploi ?

Ce que certains appellent des freins, je préfère les voir comme des défis. Le réemploi, c’est le défi de cette décennie.

Les produits de réemploi n’ont pas d'avis technique, il est clair que de ce côté il faut assouplir le processus. Mais avant les questions techniques, il me semble que la question culturelle est le principal défi. Travailler avec le réemploi, c’est utiliser du vieux dans une société qui valorise en permanence le neuf. Mais j'ai bon espoir. Les ressourceries et le reconditionnement de l’ancien prennent de l’essor : cela entre dans le quotidien des citoyens, cela va forcément déborder dans l’activité professionnelle. On verra dans pas très longtemps arriver un Leroy Merlin de l’ancien, et une fois que ce sera créé, les professionnels iront dans le même mouvement. Cela marche pour le mobilier et l’électroménager, alors pourquoi pas pour les matériaux de construction.

Il y la question du planning. Avec le recours au réemploi, un projet risque d'être plus lent et moins prévisible dans ses délais. Il y a une temporalité qui est différente, avec un problème récurrent qui est le stockage, notamment le stockage temporaire. La question du stockage est essentielle, d’où la nécessité de créer un réseau de matériauthèques à l’échelle nationale, une matériauthèque par métropole par exemple.

Le réemploi a révélé aussi un problème nouveau : la démontabilité difficile des matériaux. Quand on veut démonter un revêtement de sol ou une menuiserie pour le réemployer, on a envie que ce soit facile et à moindre coût sinon cela décourage. Seulement, les matériaux n’ont pas été réfléchi pour être démonté. Beaucoup de maitres d’ouvrage préfèrent démolir plutôt que conserver ou déconstruire sélectivement les matériaux car cela coûte très cher.

Et Les avantages ?

Vous voulez dire au-delà de la question climatique évoquée plus haut et qui n’est pas des moindres ?

Quand les matériaux neufs peuvent être fabriqués ailleurs qu’en Europe avec des exigences environnementales autres que les nôtres, les matériaux issus du réemploi sont eux disponibles, en circuits courts, et avec une main d’œuvre locale.

Il y a aussi la question esthétique, plusieurs sites industriels sont conservés pour leur histoire et valorisent des matériaux anciens (briques, radiateurs en fonte, parquet bois ancien, moulure, luminaires vintages, etc.). Le Bâtiment LU à Nantes est un excellent exemple local.

Quels seraient les leviers pour développer le réemploi ?

Le principal levier provient de la réglementation qui évolue dans le bon sens. Pour plusieurs de mes interlocuteurs, notamment Aniss TLEMSAMANI et Annaig LEBEAU, l’engagement politique et la réglementation sont les vrais leviers pour faire évoluer la profession. Pour Annaig LEBEAU, la RE2020 peut constituer un booster du réemploi pour un maître d’ouvrage comme la Région Pays de la Loire. La région souhaite introduire cela dans le futur QHU (quartier hospitalier universitaire de Nantes), avec la question centrale du stockage dont j’ai parlé à l’instant, et qui n’est pas encore résolue pour ce projet.

De plus, on assiste à la multiplication de projets démonstrateurs avec une montée en compétence de nombreux professionnels. En effet, la formation et la pédagogie se mettent en place rapidement, les matériauthèques du réemploi émergent, et la structuration des acteurs est en cours… Je pense notamment à NOVABUILD avec la création en 2021 du groupe de travail Réemploi, Réutilisation, Recyclage piloté par Aniss TLEMSAMANI.

J'entends bien toutes ces initiatives, pour autant, on est loin encore de la massification. Comment faire pour massifier le réemploi ?

Aujourd'hui, en Europe, seulement 1% des matériaux de construction est réemployé (hors réutilisation et recyclage) bien que de nombreux matériaux sont en bon état. En effet, nous sommes loin de la massification ! Aujourd’hui, il y a plus de matériaux de réemploi disponibles que de projets neufs qui les mettent en œuvre. Le particulier sait le faire, mais les maîtres d'ouvrages professionnels sont encore frileux. Pour massifier, nous avons besoin d’eux.

Nous avons besoin que le réemploi devienne réglementaire en imposant un volume de matériaux réemployés dans tous les projets de construction par exemple. Nous avons besoin de la standardisation, à partir des guides pratiques, matériau par matériau.

Il faut bien le dire aussi, le réemploi, c'est compliqué et parfois plus cher. Les tensions actuelles sur les marchés de matériaux peuvent constituer une opportunité pour le réemploi comme le remarque Cécile MARZORATI, Bellastock : « aujourd'hui, on a une pénurie et une flambée des prix des matières premières qui fait que travailler avec du réemploi devient intéressant économiquement, notamment pour certains matériaux tel que l’acier ».

Aujourd'hui, la règle prise par de nombreux maîtres d’ouvrage qui s’engagent dans le réemploi est que le projet ne leur coûte pas plus cher que le même projet neuf, je pense que c’est un bon début.

Un autre levier pour massifier le réemploi : il faut des matériaux plus facilement démontables. Les fabricants doivent y réfléchir comme le font aujourd'hui certaines marques dans le domaine de la téléphonie ou l’électroménager (FairTech, kippit). C’est pourquoi, la massification du réemploi du second œuvre va plus vite que celle du gros œuvre. Les faux plafonds, les sols souples, l’électricité, les portes, tout ce qui est décollable est facilement réemployable. La faïence est plus compliquée à démonter. La menuiserie extérieure qui est facilement démontable, est quant à elle difficilement réemployable en tant que telle (normes thermiques, acoustiques et d’étanchéité contraignants).

Pour terminer sur cette question, je vous invite à prendre connaissance de la publication du Réseau Bâtiment Durable dont NOVABUILD est membre (L’économie circulaire : un enjeu phare au cœur du Réseau Bâtiment Durable). Elle recense des initiatives sur cette question dans tous les territoires. Cela foisonne.

La culture du réemploi permet-elle de créer des nouveaux métiers ?

C’est vrai que dans réemploi, il y a emploi.

Déjà dans les années 70, un architecte comme Walter STAHEL soulignait l'intérêt qu'il y avait à substituer l'énergie (nécessaire pour produire du neuf)  par la main d'oeuvre (indispensable pour reconditionner des produits de réemploi). Cela fait écho aux propos de Philippe BIHOUIX qui souhaite que la main d’œuvre qui produit du neuf avec de nombreux effets sur le dérèglement climatique, bascule vers la main d’œuvre qui fait du réemploi, de la réparation, de l’entretien, et donc qui économise des gaz à effets de serre et de la matière.

Il y a des nouvelles structures qui se créent, je pense en particulier aux AMO et BET spécialisés en réemploi. Ce sont des métiers nouveaux, parfois ce sont des architectes qui se spécialisent. Il y a aussi une formation près de Rennes (Technicien Valoriste des Ressources du Bâtiment par Noria & Compagnie) qui permet aux entreprises de monter en compétence.

Je parlais aussi tout à l'heure des matériauthèques ou des plateformes qui gèrent la logistique et la revente des matériaux (déstockés chez les entreprises ou de réemploi) ; à Nantes, il y a l’exemple de Station Service et d’Articonnex.

Vous auriez un argument pour convaincre un maître d’ouvrage ?

C’est avant tout une question de conscience climatique et de prise de conscience de notre responsabilité sur la réduction des gaz à effets de serre, la réduction des déchets, la réduction de l’extraction de matériaux. C’est donc avant tout un argument environnemental. Mais il ne faut pas oublier l'aspect réglementaire qui va dans ce sens.

Cela peut aussi avoir un intérêt marketing pour les promoteurs d'afficher une volonté d'utiliser du réemploi, ou un argument politique pour les maître d'ouvrages publics.

Il y a aussi la question de la taxe des déchets (TGAP) qui va augmenter fortement d’ici 2025, chacun a intérêt à réduire ses déchets. Cela rejoint le propos d'Anne Laure PATY, cycle Up : « Quand on parle de tonne de CO2 évitées, c’est abstrait, mais quand on évoque les tonnes de déchets évitées, c’est très concret » et ça parle aux maîtres d'ouvrages et aux entreprises.

Vous êtes en charge des questions environnementales à l'agence d'ingéniérie et d'architecture CRR, comment vous vous y prenez à CRR sur ces questions ?

Nous avons proposé le réemploi sur plusieurs concours, qui ne sont pas encore en œuvre. Mais je persévère ! d’une part, avec CRR ; et d’autre part, avec l’association angevine MATIERE GRISE spécialisée dans le réemploi des matériaux de construction.

J’ai personnellement commencé à m’y intéresser avec l’impulsion de la Région Bretagne pour le lycée Freyssinet de Saint Brieuc où ils avaient imposé de travailler avec BATIRECUP à la fin de la phase de conception. Cela a été court mais passionnant ! Nous n'avons pas pu le concrétiser avec les entreprises. J’ai tiré des enseignements de ces difficultés. Ces sujets, plus ils viennent tôt, mieux c’est. Il faut faire un travail de pédagogie en amont avec les entreprises.

Et demain, pour CRR, le réemploi peut devenir une pratique commune ?

C’est mon souhait ! Même si je sais que ça sera compliqué. Le réemploi questionne tout le processus de projet : dès l’esquisse et jusqu’à la réception. Cela oblige à intégrer la question de la ressource et du matériau dès la conception, ce qui n’est pas forcément usuel dans une agence d’architecture où la conception et le chantier sont souvent 2 mondes à part. Cela nécessite aussi une connaissance très fine des matériaux et de leur mise en œuvre que nous n’avons pas complètement dans la conception.

Je comprends que certains voient le réemploi comme une complexité supplémentaire à intégrer dans un projet déjà complexe ! Toutefois, il y a quelques années, tout le monde disait la même chose avec l’arrivée de l’étanchéité à l’air ou des matériaux biosourcés/géosourcés dans la construction…

Par ailleurs, le réemploi appelle à l’adaptabilité des métiers de la construction et à une révision à la baisse des exigences des acteurs du projet ; car le matériau issu du réemploi est irrégulier, imprévu, il peut avoir des dimensions différentes. Cette souplesse est aussi dans l’acceptation d’un projet qui peut changer jusqu’à la livraison.

Que peut faire à votre sens NOVABUILD pour favoriser la mise en place de filières de réemploi ?

NOVABUILD a créé le GT RRR dont je parlais tout à l'heure qui participe à la structuration de la filière, dont on a bien besoin.

Pour moi, NOVABUILD apporte 2 leviers, ascendants et descendants.

D'une part, il y a des adhérents qui sont des acteurs économiques. Le fait que NOVABUILD travaille sur ce sujet, communique sur des retours d’expérience, ouvre des portes, donne à voir, donne à discuter sur ces sujets ; cela va entraîner un mouvement.

Il y a aussi le 2e levier avec un rôle ascendant vers les maîtres d'ouvrages, les pouvoirs publics, les élus. NOVABUILD peut les amener à insérer ces éléments dans leurs programmes, cela peut donner envie à plein d’autres de s'engager. Le réemploi a besoin de pionniers pour enclencher un mouvement plus large, et NOVABUILD est un bon outil pour encourager les pionniers.

Le rôle de NOVABUILD sur cette question pourrait rejoindre le propos de Morgan MOINET (Remix réemploi) : « Faire en sorte que le réemploi passe d’une pratique de volonté à une pratique de nécessité ».

Et si on se place en 2050, quelle sera selon vous la place du réemploi ?

Le réemploi va devenir un standard. On aura dans les négoces des matériaux neufs et de réemploi. Les bâtiments comporteront du neuf et de l’ancien, les deux se côtoyant, indifféremment. On n’y prendra même pas garde.

J’aimerais que la démontabilité ait été facilitée, que ce soit réfléchi et anticipé. Le BIM pourrait favoriser cela. Le BIM est une banque de données que l’on doit pouvoir utiliser pour faciliter le réemploi, mais il n’a pas pris l’essor qu’il aurait dû prendre, pour le moment en tous cas.

Je vous remercie.

Entretien avec Jihen JALLOULLI

réalisé le 23 août 2021

par Pierre-Yves LEGRAND, Directeur de NOVABUILD.

 

 

 

 


Documentation complémentaire

(2) Commentaires

Les explications sur les définitions de "réemploi" et "recyclage" sont erronées. Règlementairement (code de l'environnement), on parle de réemploi quand l'objet n'a pas pris le statut de déchet avant son nouvel usage, et de ré-utilisation lorsqu'un déchet connait une nouvelle vie. C'est bien le passage par le statut de déchet qui différencie les 2 termes (important car les obligations des producteurs de déchets sont très cadrées). https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000023248311/2020-02-12
Madame Nalin, vous avez tout à fait raison. quand je relis mes propos, il est vrai que je fais un raccourci rapide pour définir Réemploi, Réutilisation, et Recyclage... c'est que mon intension n'était pas de débattre sur le statut de "déchet" mais justement de parler de Réemploi et de booster la filière avant d'en arriver au déchet!

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