Depuis 2018, une vingtaine d’artisan·es, architectes, ingénieur·es et contrôleur·ses techniques coordonnées par Nebraska rédigent les futures Règles professionnelles. Aujourd'hui les essais sont financés, mais pas l’écriture du texte qui doit les rendre utilisables par toute la filière.

Premier objectif : 20 000 € pour finaliser une version consolidée, intégrer les résultats open source de POP2030 et préparer la présentation à l’AQC/C2P.

Permettez à toute la filière de construire en paille porteuse sous décennale ! C'est la dernière ligne droite pour aboutir ce marathon.

Un matériau ancien qui attend encore son cadre assurantiel pour se globaliser

La paille porteuse enduite permet de réaliser des murs dans lesquels les bottes de paille participent directement à la reprise des charges tel un panneau sandwich bio et géosourcé, tout en assurant une isolation thermique très performante. Elle réunit dans une même paroi structure, isolation et support d’enduit, avec très peu de transformation de matière et un stockage carbone parmi les meilleurs connus à ce jour (A1-A3 -18 kg Co2e/m²).

Des bâtiments existent, des professionnel·les savent les concevoir et les construire, et les connaissances progressent. Pourtant, l’absence de Règles professionnelles spécifiquement consacrées à la paille porteuse maintient cette technique hors du cadre courant. Chaque opération exige alors des justifications particulières, longues et coûteuses, qui freinent la prescription et la diffusion du système.

Crédit : Association Nebraska / Topophile

L'aboutissement de huit années de travail

Depuis 2018, l’association Nebraska mène, en partenariat avec le Réseau Français de la Construction Paille (RFCP), la rédaction des futures Règles professionnelles paille porteuse (RPPP).

Une vingtaine de professionnel·les participent au groupe de rédaction et au comité de relecture : artisan·es, architectes, ingénieur·es, représentant·es de bureaux d’études et de bureaux de contrôle, notamment Bureau Alpes Contrôles et l’Apave.

En 2023, une première version a été présentée à l’Agence Qualité Construction (AQC) ainsi qu’à des représentant·es d’autres filières, notamment celles du bois et de la terre. Cette première lecture a fait ressortir un nombre limité de clarifications à apporter et, surtout, la nécessité d’étayer certaines prescriptions par des résultats d’essais sur les comportements mécaniques, au feu et à l’eau.

Un prolongement du projet POP2030 (Pour des Ouvrages Paille en 2030)

Pour produire une partie majeure de ces connaissances, Nebraska participe au programme POP2030 (Pour des Ouvrages en Paille 2030) coordonné par le RFCP, lauréat de France 2030 et financé par l’État via l’ADEME. Le CERIB participe au consortium pour les caractérisations mécaniques et les essais au feu.

Les résultats du programme ont vocation à être rendus librement accessibles et à bénéficier à l’ensemble des acteurs de la construction paille. Mais le financement de la R&D ne peut pas financer la rédaction d’un texte normatif. Après un an de recherches de financements restées sans soutien, le travail d’écriture demeure bénévole...

Vers les règles professionnelles

Une fois finalisées et acceptées par la C2P de l’AQC, les Règles professionnelles pourront faire reconnaître leur domaine d’emploi comme technique courante par les assureurs. Elles donneront un cadre commun pour concevoir, construire, contrôler et former. L’acceptation relève toutefois de la C2P et ne peut être garantie par la campagne.

Les différents paliers

20 000 € Finaliser une version consolidée des RPPP, intégrer les résultats POP2030 disponibles, organiser les relectures et préparer la présentation puis le dialogue avec l’AQC/C2P.

25 000 € Créer des abaques par type de mur pour lire simplement les performances mécaniques en compression et en contreventement.

35 000 € Créer des protocoles de chantier permettant de caractériser et de justifier les capacités portantes de murs réalisés avec différentes terres locales.

80 000 € Adapter et transposer le futur cadre européen de calcul des structures composites au cas de la paille porteuse, avec ses hypothèses et validations spécifiques.

100 000 € Instrumenter mécaniquement des bâtiments en paille porteuse afin de constituer un retour d’expérience mesuré en situation réelle.

150 000 € Traduire les RPPP en anglais, avec relecture technique, afin de partager ce bien commun à l’échelle internationale.