Depuis quelques années la thématique de la rénovation bas carbone du patrimoine existant est une thématique centrale des actions de Novabuild. Cela ne s'explique pas seulement par sa place dans l’activité économique de nos adhérents mais aussi et surtout par l'importance de cette thématique dans la réponse aux enjeux climatiques. Cette réponse pour être efficace devra articuler les dimensions sanitaire, sociale, culturelle et sociétale de la rénovation pour que celle-ci soit juste, fondée sur la solidarité et construite dans l'intérêt des populations.
En ce sens les auteurs, Christophe Rodriguez et Alexandra Lebert, proposent dans cette note thématique un nouveau récit pour faire de la rénovation un projet sociétal. Cette publication est mise en « appel à contribution » afin de recueillir les réactions des acteurs du secteur et d’enrichir la réflexion collective.
De quoi parle-t-on ?
La rénovation bas carbone est un levier des stratégies climatiques, énergétiques et sociales. Elle concentre des enjeux multiples : réduction des émissions de gaz à effet de serre, maîtrise des consommations, adaptation au changement climatique, pouvoir d’achat des ménages et qualité de vie. Pourtant, malgré cette convergence d’intérêts, le rythme des rénovations d’ampleur reste très en deçà des objectifs fixés par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3).
"La rénovation n’est plus un sujet d’énergie, c’est un sujet de climat et de société"
- Face à ce constat, les auteurs de la note soulignent un décalage persistant entre l’importance stratégique du sujet et sa place dans le débat public. La rénovation demeure abordée sous un angle technique et sectoriel, alors même qu’elle engage des choix structurants pour la société. La question n’est plus seulement de savoir comment rénover, mais comment redonner du sens et de l’envie à l’action.
- La note propose ainsi de repositionner la rénovation comme un projet collectif, dépassant le prisme énergétique. En liant atténuation et adaptation, cette dernière étant encore perçue comme un renoncement du premier, les auteurs défendent une approche plus opérationnelle. L’adaptation permet de traiter des enjeux immédiats et sensible : confort d’été, santé, la continuité d’usage. La rénovation devient alors un outil de protection des populations et de préservation de la valeur des bâtiments, avec des effets visibles à court terme.
- La note aborde également des sujets d’ordinaire tabous quand on parle d’atténuation, comme la climatisation ou la démolition, en appelant à une approche fondée sur l’analyse des situations réelles, loin des postures de principe.
- Enfin, les auteurs proposent plusieurs orientations pour accélérer le passage à l’échelle. Ils insistent sur l’intérêt d’une approche à l’échelle du parc, appuyée sur des outils de connaissance et de priorisation. Le développement de cartographies multicritères, intégrant performance énergétique, vulnérabilité climatique, caractéristiques socio-économiques et potentiel d’action, apparaît comme un levier pour orienter les décisions publiques et privées.
- Au-delà des outils, la note met en avant un enjeu central : celui du récit. La rénovation ne pourra changer d’échelle que si elle s’inscrit dans une vision partagée, articulant enjeux climatiques, sociaux et économiques. Il s’agit de passer d’une logique d’obligation technique à un projet de transformation du cadre de vie, capable de mobiliser l’ensemble des acteurs : la réussite de la rénovation bas carbone ne se jouera pas uniquement sur des dispositifs techniques, des normes ou des volumes de travaux. Elle se jouera d’abord sur notre capacité collective à produire un récit.

Opération : Chantier des Bourderies @ALTERESCO-ALTYN
Une concertation ouverte
Comme pour ses précédents travaux, cette publication est soumise à concertation. Le groupe RBR-T invite les acteurs intéressés à faire part de leurs réactions, afin d’enrichir la réflexion proposée. Si vous avez un avis critique à formuler, un oubli qu’il vous parait nécessaire de pointer ou encore une initiative utile à mentionner, nous vous invitons en faire part.
Les retours sont à adresser jusqu’au 22 juin à : planbatimentdurable@developpement-durable.gouv.fr
L’ensemble des contributions reçues ainsi qu’une version finale de la note, enrichie de ces contributions, seront publiées à l’issue de la phase de consultation